L’ouverture du marché français des jeux en ligne doit se faire dans la lignée du droit européen

Maître Thibault Verbiest avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles, spécialiste du droit des jeux en ligne en Europe et des nouvelles technologies, a répondu à une première interview concernant la législation française

Maître Thibault Verbiest avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles, spécialiste du droit des jeux en ligne en Europe et des nouvelles technologies, a répondu à une première interview concernant la législation française, à l’occasion du salon des jeux en ligne qui s’est tenu à Barcelone en septembre dernier, en contradiction avec le droit européen. >Aujourd’hui, cette question est au centre du débat et de la problématique du projet de loi sur les jeux en ligne à l’échelle européenne. Ce projet de loi qui sera présenté à la Commission Européenne doit être en parfait accord avec les principes de la communauté européenne et non pas en opposition. Ce qui ne semblerait pas être totalement le cas. Me Thibault Verbiest explique la pression de la France à établir un cadre pour tout ce qui concerne les jeux d’argent en ligne, en adéquation avec la législation du pays au sein d’un cadre commun européen.

Mais il semblerait également qu’elle ne souhaite pas reconnaître les autres opérateurs européens. Le gouvernement a conscience de ce problème et a pour objectif d’établir deux grands principes qui, d’après Me Thibault Verbiest, pourraient poser problème à la Commission européenne. Le premier principe envisage l’attribution des licences françaises à condition de disposer d’un établissement et de serveurs de jeux en France, ce qui n’est pas à proprement parler en adéquation avec le principe de libre circulation et de libre établissement au sein de la communauté. Le deuxième principe étant d’exclure certains jeux comme par exemple les machines à sous. Ceci est impensable et la Commission reste convaincue qu’on peut d’une manière ou d’une autre protéger les joueurs sans avoir à appliquer de sanctions aussi drastiques.

Toujours selon Me Verbiest, le marché français n’aurait aucun problème à être ouvert selon ses propres règles, sans être pour autant en complète adéquation avec la législation européenne. C’est ce qui s’est passé en Italie, où le gouvernement a ouvert le marché italien en bloquant les opérateurs européens n’ayant pas de licence italienne. Bien entendu, c’est beaucoup plus compliqué que cela, et les difficultés à bloquer les opérateurs étrangers, ainsi que les relances et mises en demeure de la Commission Européenne pour reconnaître ceux-ci montrent toute la difficulté de continuer dans ce processus.

  A la question de savoir pourquoi la France ne se sert pas du modèle anglais, qui fonctionne très bien, Me Verbiest semble dire que rien ne laisse présager qu’elle ne le fera pas. Rappelons qu’en Angleterre, le système de « White List » donne entière liberté aux opérateurs de proposer leurs jeux, à conditions de respecter les règles de droit communautaire et de protéger les joueurs. Néanmoins, même si ce système garantit une certaine sécurité des joueurs en ligne, elle pose problème en matière de ressources financières pour le gouvernement, les joueurs choisissant bien évidemment le pays où le taux d’imposition est le moins élevé. A ce titre justement, le gouvernement en est encore à l’état de réflexion, dans la mesure où les taxes qui s’appliquent aux jeux en ligne et aux casinos terrestres ne peuvent être les mêmes. La question étant d’assurer des revenus intéressants à l’Etat, sans décourager et repousser les opérateurs de jeux en ligne : jeux de casino online, paris en ligne ou encore poker en ligne.

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